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VERS L’AVENIR QUE NOUS VOULONSEn finir avec la faim et engager la transitionvers des systèmes agro-alimentaires durablesORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L’ALIMENTATION ET L’AGRICULTURERome, 2012

Les appellations employées dans ce produit d’information et la présentation des donnéesqui y figurent n’impliquent de la part de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentationet l’agriculture (FAO) aucune prise de position quant au statut juridique ou au stade dedéveloppement des pays, territoires, villes ou zones ou de leurs autorités, ni quant au tracé deleurs frontières ou limites. La mention de sociétés déterminées ou de produits de fabricants, qu’ilssoient ou non brevetés, n’entraîne, de la part de la FAO, aucune approbation ou recommandationdesdits produits de préférence à d’autres de nature analogue qui ne sont pas cités.Les opinions exprimées dans ce produit d’information sont celles du/des auteur(s) et ne reflètentpas nécessairement celles de la FAO.Tous droits réservés. La FAO encourage la reproduction et la diffusion des informations figurantdans ce produit d’information. Les utilisations à des fins non commerciales seront autorisées àtitre gracieux sur demande. La reproduction pour la revente ou à d’autres fins commerciales,y compris à des fins didactiques, pourra être soumise à des frais. Les demandes d’autorisationde reproduction ou de diffusion de matériel dont les droits d’auteur sont détenus par la FAO ettoute autre requête concernant les droits et les licences sont à adresser par courriel à l’[email protected] ou auChef de la Sous-Division des politiques et de l’appui en matière de publicationsBureau de l’échange des connaissances, de la recherche et de la vulgarisationFAOViale delle Terme di Caracalla00153 RomeItalie. FAO 2012

Table des matièresAvant-proposRésumé d’órientationiiivIntroduction: Appel à l’engagement des participants à Rio 2011. La vision d’un développement durable envisagée à Rio ne peut être réaliséequ’en éliminant définitivement la faim et la malnutrition3L’accès équitable aux ressources, à l’emploi et aux revenus est capital pour vaincre la faim3Les programmes de protection sociale peuvent satisfaire les besoins à court terme touten jetant les bases d’une croissance à long terme5Se projeter vers 205062. La vision de Rio exige que les systèmes de consommationet de production alimentaire produisent plus avec moins7Promouvoir la consommation durable7Réduire les pertes alimentaires et le gaspillage de nourriture8Instaurer des systèmes de production agricole durables et intelligents face au climat10Tirer parti des services écosystémiques pour l’agriculture11Intensification durable11Les coûts de la transition vers la durabilitéRéduire les arbitrages politiques et accroître les ressources d’investissement15173. La transition vers un avenir durable impose une modification fondamentaledes modes de gouvernance de l’alimentation et de l’agriculture,ainsi qu’unerépartition équitable des coûts et des avantages qui en découlent19Domaines d’action politique prioritaires22Définir et protéger les droits aux ressources, en accordant une attention particulièreaux populations les plus vulnérables22Intégrer des incitations à la consommation et à la production durablesdans les systèmes agro-alimentaires23Promouvoir des marchés agricole et alimentaires plus efficaces et équitables24Réduire les risques et renforcer la résilience des populations plus vulnérables25Investir les ressources publiques dans des biens publics essentiels,dont l’innovation et les infrastructures27S’engager à agirBibliographie2931i

Avant-proposRio 20 et au-delà: œuvrer ensemble à un avenir viableIl a été déclaré en 1972, à la Conférence des Nations Unies sur l’environnement, puis en 1992, au Sommet de la planèteTerre, que l’être humain est au cœur du développement durable. Force est de constater, cependant, qu’en 2012, plusde 900 millions de personnes souffrent encore de la faim. Dans le monde entier, les pauvres, en particulier dans leszones rurales, sont parmi les plus exposés aux actuelles crises et menaces alimentaires, climatiques, financières,économiques, sociales et énergétiques auxquelles nous sommes confrontés.Aussi longtemps que cette situation persistera et que près d’un homme, d’une femme et d’un enfant sur sept seralaissé sur le bord du chemin, victime de la sous-alimentation, le développement ne pourra être qualifié de durable.Les efforts consentis pour que la sécurité alimentaire soit une réalité peuvent servir à fédérer les actions que noussommes appelés à engager pour relever les différents défis qui se présentent à nous et nous aider ainsi à bâtir unavenir viable. La Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio 20) arrive à point nommé pourque l’on procède à l’analyse – nécessaire à sa concrétisation – de cette convergence entre les actions menées enfaveur de la sécurité alimentaire et la durabilité.Qu’il s’agisse de sécurité alimentaire ou de durabilité, il faut passer, pour la production comme la consommation,à des modèles plus durables. D’après les prévisions de la FAO, il va falloir, pour nourrir une population croissantequi atteindra neuf milliards de personnes en 2050, accroître la production agricole d’au moins 60 pour cent dans lesprochaines décennies. Il s’agit donc de produire plus avec moins, d’accroître la production agricole tout en préservantl’environnement.Mais même si nous y parvenons, la pression qui s’exercera sur nos ressources naturelles sera telle que dèsaujourd’hui, nous devons aussi agir sur d’autres fronts, changer nos modes d’alimentation et trouver des moyens denourrir la population mondiale sans être obligés d’atteindre ces chiffres de production. Pour cela, nous pouvons passerà une alimentation plus saine dans les couches les plus aisées de la population et réduire les pertes et gaspillages dedenrées alimentaires dans les pays industrialisés comme dans les pays en développement, qui s’élèvent, du stade dela production à celui de la consommation, à 1,3 milliard de tonnes chaque année.Cependant, même si nous réussissons à accroître de 60 pour cent la production agricole, il y aura encore dans lemonde 300 millions de personnes souffrant de la faim en 2050, qui, comme c’est déjà le cas actuellement pour descentaines de millions de personnes, n’auront toujours pas accès aux aliments dont ils ont besoin. Pour eux, ce quifait obstacle à la sécurité alimentaire n’est pas tant la production que l’accès. La seule façon de faire en sorte qu’ilsbénéficient de la sécurité alimentaire est de créer des emplois décents, de verser des salaires plus élevés, de leurdonner accès à des moyens de production et de répartir les revenus de façon plus équitable. Nous devons les insérerdans la société, compléter l’appui aux petits exploitants et les possibilités de création de revenus par un renforcementdes protections sociales, des programmes « travail contre rémunération » et des programmes de transfert d’espècesiii

qui contribuent à renforcer la production locale et les circuits de consommation, dans le cadre d’un effort visant àréaliser nos objectifs de développement durable.Le passage à un avenir viable nécessite également des changements fondamentaux de la gouvernance del’alimentation et de l’agriculture et une répartition équitable des coûts et avantages afférents à la transition. Par lepassé, les pauvres ont payé plus que leur part des coûts et retiré moins que leur part des avantages. Ce déséquilibre estinacceptable et il faut y remédier. Nous devrions aussi être particulièrement attentifs au rythme du changement, quidevrait permettre aux populations vulnérables de s’y adapter et d’y être associées, alors qu’elles en sont aujourd’huiexclues, d’où un élargissement du fossé.Par le présent document, la FAO aide à analyser les défis auxquels nous sommes confrontés, à définir le consensusdont nous avons besoin et les actions que nous devons engager pour parvenir à la viabilisation de l’avenir que nousdésirons. Le développement durable, à l’instar de l’élimination de la faim, est un objectif pour lequel chacun d’entrenous – individus, sociétés, gouvernements, société civile et institutions – est appelé à œuvrer. Ensemble, en partantdu niveau local pour aller vers le niveau mondial, nous pouvons bâtir l’avenir que nous souhaitons. Et cet avenircommence aujourd’hui.José Graziano da SilvaDirecteur GénéralOrganisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agricultureiv

Résumé d’órientationMESSAGESL’amélioration des systèmes agricoles et alimentaires est indispensable pour un monde dans lequel les personneset les écosystèmes seront en meilleure santé. Des vies plus saines et plus productives ne peuvent exister que«lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, la possibilité physique, sociale et économique de se procurerune nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et préférencesalimentaires pour mener une vie saine et active» (FAO, 1996). Des écosystèmes sains doivent être résilients etproductifs ; ils doivent fournir les biens et les services nécessaires pour répondre aux besoins et aspirations actuels dela société sans compromettre la possibilité, pour les générations futures, de bénéficier de l’éventail complet de bienset de services procurés par les écosystèmes terrestres, aquatiques et marins. Des liens très étroits existent entreles conditions requises pour assurer la sécurité alimentaire et la nutrition universelles, la gestion responsable del’environnement, et la gestion plus équitable des produits alimentaires. Ces aspects se recoupent dans les systèmesagricoles et alimentaires au niveau mondial, national et local. Afin de les mettre en exergue, la FAO a trois principauxmessages à transmettre au Sommet de Rio 20:La vision du développement durable envisagée à Rio ne peut être réalisée qu’en éliminant définitivement lafaim et la malnutrition.La vision de Rio exige que les systèmes de consommation et de production alimentaire produisent plus avecmoins.La transition vers un avenir durable impose une modification fondamentale des modes de gouvernancede l’alimentation et de l’agriculture, ainsi qu’une répartition équitable des coûts et des avantages qui endécoulent.La FAO estime que la vision de Rio restera inaccomplie tant que la faim et la malnutrition persistent dans lemonde. La gestion durable des systèmes agricoles et alimentaires est la clé d’un avenir durable. Des politiques solidess’imposent pour créer les incitations et les capacités nécessaires pour une production et consommation durables etpermettre aux consommateurs et aux producteurs de faire des choix durables.Dans cette optique, les gouvernements nationaux et les autres parties prenantes doivent:1. établir et protéger les droits aux ressources, spécialement pour les populations plus vulnérables;2. intégrer des mesures incitatives à la consommation et à la production durables dans les systèmes alimentaires;3. favoriser la mise en place de marchés agricoles et alimentaires équitables et efficaces;4. réduire les risques et augmenter la résilience des populations les plus vulnérables;5. investir les ressources publiques dans des biens publics essentiels, dont l’innovation et les infrastructures.v

Pour atteindre l’avenir que nous voulons – un monde libéré de la faim et fondé sur le développement durable – laFAO appelle les participants de Rio 20 à prendre les six engagements suivants:1. Accélérer le rythme de réduction de la faim et de la malnutrition afin qu’elles soient éradiquées dans un avenirrelativement proche.2. Utiliser les Directives volontaires à l’appui de la concrétisation progressive du droit à une alimentation adéquatedans le contexte de la sécurité alimentaire nationale et des Directives volontaires pour une gouvernanceresponsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts dans le contexte de la sécuritéalimentaire nationale comme cadres prioritaires pour assurer la sécurité alimentaire et un développementdurable équitable.3. Appuyer les efforts de toutes les parties prenantes oeuvrant dans les domaines de l’alimentation et del’agriculture, surtout dans les pays en développement et les pays les moins avancés, pour mettre en œuvre desapproches techniques et politiques de développement agricole intégrant les objectifs de sécurité alimentaire etde protection de l’environnement.4. Assurer la répartition équitable des coûts et des avantages associés à la transition vers une consommation etune production agricole durables, et veiller à ce que les moyens de subsistance des populations et leur accèsaux ressources soient protégés.5. Adopter des approches intégrées afin de gérer les objectifs multiples et établir des liens entre les sources definancement pour parvenir à des systèmes agricoles et alimentaires durables.6. Mettre en œuvre des réformes de la gouvernance fondées sur les principes de la transparence, de la participation,et de la responsabilisation en vue de garantir l’exécution des politiques et le respect des engagements. LeComité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) pourra constituer un modèle pour ces réformes.vi

La FAO et Rio 20L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) est un organisme spécialisé des Nations Unies. Auservice de tous les pays, la FAO est une tribune neutre au sein de laquelle ils se rencontrent sur un piedd’égalité pour négocier des accords et débattre des politiques. La FAO est également une source deconnaissances et d’informations; elle aide les pays en développement et les pays en transition à moderniseret à améliorer les pratiques agricoles, forestières et de pêche. La FAO regroupe 191 États membre, deuxmembres associés et une organisation membre, l’Union européenne.Quelle est la mission de la FAO?La mission de la FAO est définie par sa devise fiat panis, expression latine signifiant «qu’il y ait du pain».L’Organisation s’emploie à atteindre la sécurité alimentaire pour tous, autrement dit à garantir que lespopulations aient un accès régulier à une nourriture de qualité en quantité suffisante leur permettant demener une vie saine et active. L’action de la FAO s’étend à l’agriculture durable, à la sylviculture, auxpêches et aux systèmes alimentaires. L’utilisation rationnelle des ressources naturelles et la protection del’environnement, de même que l’équité et les progrès sociaux et économiques représentent une priorité pourle programme de la FAO.Quel est le lien entre la mission de la FAO et Rio 20?Les négociations de Rio 20 mettent en exergue sept domaines requérant une attention prioritaire : l’emploi,l’énergie, les villes, l’eau, les océans, les catastrophes et l’alimentation. La mission et les actions de la FAOconcernent chacun de ces domaines.Nous ne pouvons pas revendiquer de réussite en matière de développement durable tant que le droitfondamental à l’alimentation pour tous n’a pas été garanti. Des mesures et systèmes de protection socialedoivent donc être instaurés de toute urgence. À plus long terme, l’agriculture durable renforce les moyensde subsistance et répond à la demande croissante de nourriture. En réduisant les pertes alimentaires etle gaspillage de nourriture, il sera possible de réduire l’empreinte environnementale de l’agriculture et decontribuer à assurer la sécurité alimentaire. Il est indispensable de mobiliser les synergies entre la réalisationde la sécurité alimentaire et les pratiques de consommation et de production durables, ainsi que de gérer lesarbitrages correspondants. Tout cela est au coeur du mandat de la FAO.Actions-clé menées par la FAOLa mission de la FAO est vaste et ambitieuse. Le programme de l’Organisation couvre tous les thèmesprioritaires de Rio 20. Les interventions vont de l’instauration de normes internationalement reconnuesen matière d’alimentation et de gestion des ressources naturelles, à l’appui aux programmes nationauxconcernant l’agriculture, les forêts et la pêche; à la mise en oeuvre de l’agriculture, la pêche et la sylviculturedurables à l’échelle locale. Avec le Fonds international de développement agricole (FIDA) et le Programmealimentaire mondial (PAM), la FAO s’est engagée à rendre la vision de Rio 20 crédible et réalisable.vii

Introduction: Appel à l’engagement des participants à Rio 20Lors du Sommet de la Terre de Rio, en 1992, le monde avait raison en s’attachant tout particulièrement à l’êtrehumain. Le premier principe de la déclaration de Rio (ONU, 1992) affirme:Les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développementdurable. Ils ont droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature.Depuis 1992, un travail important a été réalisé pour rapprocher le monde d’un avenir commun et durable mais,vingt ans plus tard, nous n’avons toujours pas concrétisé ce principe fondamental: trop de personnes ne mènentpas encore de vie saine et productive alors que le monde se développe par des moyens qui ne sont pas toujoursen harmonie avec la nature. Où avons-nous échoué?La possibilité de vivre des vies saines et productives dépend de la sécurité alimentaire, qui est assurée «lorsquetous les êtres humains ont, à tout moment, la possibilité physique, sociale et économique de se procurer unenourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et préférencesalimentaires pour mener une vie saine et active» (FAO, 1996). Il existe des liens très étroits entre les conditionsrequises pour assurer la sécurité alimentaire et lanutrition universelles, la gestion responsable deLes systèmes agricoles incluent les processusl’environnement, et la gestion plus équitable desnaturels et gérés par lesquels les produitsproduits alimentaires. Ces aspects se recoupentalimentaires et non alimentaires (combustible,dans les systèmes agricoles et alimentaires au niveaufibres) sont produits à partir des cultures, demondial, national et local. Une des principales faillesesl’élevage, de la pêche et des forêts. Les systèmesdes systèmes alimentaires actuels est que, malgréagricoles constituent la source de toute lales progrès considérables accomplis en matièrenourriture de la planète, et la principale source dede développement et de production de denréesrevenu de la plupart des populations pauvres etalimentaires, des centaines de millions de personnesen situation d’insécurité alimentaire du monde.souffrent de la faim parce qu’ils n’ont pas les moyensde produire ou d’acheter la nourriture dont ils ontLes systèmes alimentaires coïncident avecbesoin pour mener une vie saine et productive. Lesles systèmes agricoles en ce qui concerne lasystèmes alimentaires doivent donc être gérés deproduction de denrées alimentaires, mais ilsmanière à assurer la sécurité alimentaire universelle.comprennent aussi une variété d’institutions,Une deuxième faille dessystèmes agricoleset alimentaires actuels est que leurs impactsenvironnementaux sont élevés. Les coûts et lesavantages d’un système durable ne sont pas reflétéscorrectement dans les décisions prises par tous lesacteurs concernés – les millions de personnes quigèrent les écosystèmes pour produire des aliments etd’autres biens et services agricoles, les sept milliardsde consommateurs du monde, ainsi que les institutionsde technologies et de pratiques qui régissentla façon dont les denrées alimentaires sontcommercialisées, transformées, transportées,accédées et consommées. Les systèmesalimentaires influencent non seulement ce quiest consommé et la façon dont c’est produitet acheté, mais ils déterminent aussi qui est enmesure de manger et la qualité nutritionnelle deleurs aliments.1

publiques et privées qui contribuent à élaborer ces décisions. C’est pourquoi les systèmes alimentaires doiventêtre gérés d’une manière durable.L’amélioration des systèmes agricoles et alimentaires est donc essentielle pour un monde dans lequel lespersonnes et les écosystèmes sonten meilleure santé. Deux éléments d

Mais même si nous y parvenons, la pression qui s’exercera sur nos ressources naturelles sera telle que dès aujourd’hui, nous devons aussi agir sur d’autres fronts, changer nos modes d’alimentation et trouver des moyens de nourrir la population mondiale sans être obligés d’atteindre ces chiffres de production.